Absence
3. Quelquefois, il m'arrive de bien supporter l'absence. Je suis alors "normal" : je ml'aigne sur la façon dont "tout le monde" supporte le départ d'une "personne chère"; j'obéis avec compétence au dressage par lequel on m'a donné très tôt l'habitude d'être séparé de ma mère.
Cette absence bien supportée, elle n'est rien d'autre que l'oubli. Je suis, par intermittence, infidèle. C'est la condition de ma survie; car si je n'oubliais pas, je mourrais. L'amoureux qui n'oublie pas quelquefois, meurt par excès, fatigue et tension de mémoire.
4. De cet oubli, très vite, je me réveille. Hâtivement, je mets en place une mémoire, un désarroi. Un mot (classique) vient du corps, qui dit l'émtion d'asence : soupirer : "soupirer après la présence corporelle " : les deux moitiés de l'androgyne soupirent l'une après l'autre, comme si chaque souffle, incomplet, voulait se mêler à l'autre : image de l'embrassement, en tant qu'il fond les deux images en une seule : une absence amoureuse, je suis, tristement, une image décollée, qui sèche, qui jaunit.
6. La frustration aurait pour figure la Présence (je vois chaque jour l'autre, et pourtant je n'en suis pas comblé : l'objet est là, réellement mais il continue à me manquer, imaginairement). La casration, elle, aurait pour figure l'Intermittence (j'accepete de quitter un peu l'autre, "sans pleurer", j'assume le deuil de la relation, je sais oublier). L'Absence est la figurede la privation; tout à la fois, je désire et j'ai besoin. Le désire s'écrase sur le bsoin : c'est là le fait obsédant du sentiement amoureux.
8. Un koan bouddhiste dit ceci "Le maître tient la tête du disciple sous l'eau, longtemps, longtemps; peu à peu les bulles se raréfient; au dernier moment, le maître sort le disciple, le ranime, quand tu aruas désiré la vérité comme tu as désiré l'air, alors tu sauras ce quelle est.
L'absence de l'autre me tient la tête sous l'eau, peu à peu j'étouffe, mon air se raréfie : c'est par cette asphyxie que je reconstitue ma "vérité" et que je prépare l'Intraitable de l'amour.
Affirmation
2. Ce matin-là, je dois écrire de toute urgence une lettre "importante" - dont dépend le succès d'une certaine entreprise ; mais j'écris à la place une lettre d'amour - que je n'envoie pas. J'abandonne joyeusement des tâches mornes, des scrupules raisonnables, des conduites réactives, imposées par le monde au profit d'une tâche inutile, venu d'un Devoir éclatant: le Devoir amoureux. Je fais discrètement des choses folles, je suis le seul témoin de ma folie. Ce que l'amour dénude en moi c'est l'énergie. Tout ce que je fais à un sens, mais ce sens est une finalité insaisissable : il n'est que le sens de ma force. Les inflexions dolentes, coupables, tristes, tout le réctif de ma vie quotidienne est retournée.
Atopos
2. L'atopide de l'autre, je la surprends sur son visage, chaque fois que j'y lis son innocence, sa grande innocence, il ne sait rien du mal qu'il me fait - ou , pour le dire avec mon d'emphase, du mal qu'il me donne. L'innocent n'est-il-pas inclassable?
Attente
3. L'attente est un enchantement : j'ai reçu l'odre de ne pas bouger. L'attente d'une téléphone se tisse aisnsi d'interdictons menues, à l'infini, jusqu'à l'inavouable : je m'empêche d'aller aux toilettes, de sortir de la pièce, de téléphoner même (pour ne pas occuper l'appareil) : je souffre de ce qu'on me téléphone (pour la même raison); je m'affole de penser qu'à telle heure proche il faudra que je sorte risquant de manquer l'appel bienfaisant.
Car l'angoisse d'attente dans sa pureté, veut que je dois assis dans un fauteuil à la portée du téléphone sans rien fraire.
Cacher
4. Imaginons que j'aie pleuré, par la faute de quelque incident dont l'autre ne s'est même pas rendu compte (pleurer fait partie de l'activité normale du corps amoureux), et que, pour que ça ne se voie pas, je mette des lunettes noires sur mes yeux embués. (...) L'intention de ce geste est calculée, je veux garder le bénéfice moral du stoïcisme, de la "dignité" (...) et en même temps, contradictoirement, provoquer la question tendre ("Qu'as-tu?"), je veux à la fois est pitoyable et admirable, je veux être dans le même moent enfant et adulte.
Catastrophe
1. Deux régimes de désespoir : le désespoir doux, la résignation active ("Je vous aime comme il faut aimer, danas le desespoir"), et le désespoir violent : un jour, à la suite de je ne sais quel ncident, je m'enferme dans ma chambre et j'éclate en sanglos: je suis emportée par une vague puissante, asphyxiée de douleur ; tout mon corps se raidit et se révulse : je vois, dans un éclair coupant et roid, la destruction à laquelle je suis condamnée. Aucun rapport avec la déprime indisieuse et somme toute civilisée des amours difficiles (...).